Aujourd’hui, les migrations internationales sont devenues un phénomène mondial majeur. Des millions de personnes quittent chaque année leur pays d’origine pour s’installer ailleurs, temporairement ou définitivement. Ces déplacements transforment les territoires à différentes échelles.
Problématique : quelles sont les caractéristiques des migrations internationales ? Quels sont leurs impacts sur les pays de départ, de transit et d’accueil ?
Objectif : comprendre les logiques globales des migrations humaines et leurs conséquences spatiales.
I. Les caractéristiques des migrations internationales
1. Importance et diversité des flux
Les migrations concernent environ 280 millions de personnes dans le monde, soit 3,6 % de la population mondiale. La plupart des migrations se font sur des distances régionales : par exemple, de nombreux migrants asiatiques restent en Asie.
Les grands flux migratoires relient des régions pauvres à des régions plus riches, mais aussi des pays du Sud entre eux (migrations Sud/Sud).
2. Facteurs et motivations multiples
Les causes des migrations sont variées et souvent combinées :
Ces raisons peuvent être volontaires ou forcées, et dépendent du contexte du pays d’origine.
3. Typologie des migrants
Les migrants n’ont pas tous le même statut juridique. Certains sont réfugiés reconnus par la Convention de Genève, car ils fuient des persécutions. D’autres sont migrants irréguliers, sans papiers légaux. Il existe enfin des migrants économiques ou étudiants internationaux. Leur situation peut évoluer au cours du parcours migratoire.
4. Acteurs des migrations
Les migrations impliquent de nombreux acteurs :
5. Géographie des flux : corridors et régionalisation
Les migrations se concentrent dans certains "corridors migratoires" :
Ces flux témoignent d’une polarisation : 52 % des migrants vivent dans seulement 10 pays. Les migrations ne se limitent pas au mouvement Sud/Nord : les flux Sud/Sud sont en croissance.
II. Les impacts territoriaux des migrations
1. Pays de départ
Les migrations peuvent entraîner une fuite des cerveaux quand les personnes les plus qualifiées quittent leur pays. Mais elles permettent aussi des transferts d’argent (remises) vers les familles restées au pays : ces sommes représentent une part importante du PIB de certains pays (par exemple, les Philippines et le Népal).
2. Pays d’arrivée
Les migrants répondent à des besoins économiques, en particulier dans les secteurs peu qualifiés. Cependant, l’accueil dépend de politiques de sélection plus ou moins ouvertes selon les pays. Les migrations peuvent créer des tensions si les populations perçoivent une concurrence ou un choc culturel.
3. Pays de transit et frontières
Les pays de transit sont parfois transformés en zones d’attente ou de blocage. Certains États du Nord ferment leurs frontières avec des barrières physiques (mur États-Unis/Mexique, clôtures en Europe de l’Est). Ce cloisonnement augmente les risques pour les migrants : on estime que plus de 40 000 personnes sont mortes aux frontières européennes depuis 1990.
4. Migrations environnementales
Il n’existe pas encore de statut juridique précis pour les personnes qui fuient à cause du changement climatique. On parle de "réfugiés climatiques" ou de "migrants environnementaux", mais ces termes ne sont pas encore reconnus dans le droit international.
5. Analyse multiscalaire des impacts
Les effets des migrations varient selon les échelles :
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